Interviews avec les Présidents des Conférences de l’UPCI (Egypte)

Voici les réponses de S.E. Prof.  Ahmed Fathi Sorour, Président de l'Assemblée du peuple d'Egypte et Président de la 5e Session de la Conférence de l’UPCI :

• Besoin d’une action sérieuse pour développer l’activité de l’Union
• L’islamophobie cause le défi le plus important.
• Nécessité des stratégies pour soutenir la cause palestinienne.
• Mécanisme d’encourager la coordination entre l’UIP et l’UPCI.
• Conseil socioéconomique islamique pour le Développement des Economies


Q: Comment évaluez-vous le travail de l’UPCI durant les dix dernières années ?

R: Au départ et avant de répondre à la question ci-dessus, il est à noter que la création de l'UPCI en 17 Juin 1999, dans la capitale iranienne, Téhéran, visait à atteindre les objectifs suivants stipulés dans l'article ( 1) du Statut UPCI:

1. Expliquer et diffuser les nobles principes de l’Islam en mettant l’accent sur les divers aspects de sa civilisation ;

2. Renforcer et apporter son soutien à la mise en œuvre du principe islamique de concertation (Choura) dans tous les Etats membres de l’Organisation de la Conférence Islamique en tenant compte des Constitutions et des circonstances propres à chaque pays ;

3. Fournir un cadre de coopération et de coordination globales et fructueuses entre les Parlements des Etats membres de l’Organisation de la Conférence Islamique dans les fora et les organisations internationaux ;

4. Promouvoir les rencontres et le dialogue entre les Parlements des Etats membres de l’OCI et leurs députés, ainsi que l’échange d’expériences dans le domaine parlementaire et le débat sur des questions à caractère économique, culturel, social et politique intéressant les Etats membres de l’Organisation de la Conférence Islamique, et faire face aux graves défis et aux tentatives de domination culturelle, politique et économique, tout en adoptant les recommandations et décisions appropriées concernant ces questions ;

5. Renforcer les contacts, la coopération et la coordination avec les autres organisations parlementaires, gouvernementales et non-gouvernementales, dans le but de promouvoir les objectifs communs ;

6. Promouvoir la coordination entre les peuples en faveur du respect et de la protection des droits de l’homme et des principes humanitaires et instaurer une paix fondée sur la justice.

En général, il faut mentionner que l'UPCI, en tant que jeune organisation célébrant cette année son dixième anniversaire, a fait plusieurs réalisations et eu des succès à travers les questions examinées, et par l'échange de vues entre les Parlements Membres au cours des Sessions ordinaires et extraordinaires tenues tout au long de cette période à différents niveaux (11 Sessions du Conseil, 5 sessions de la Conférence, et 21 réunions du Comité Exécutif). Aussi par l'adoption de plusieurs résolutions et déclarations qui visaient à renforcer et à développer davantage les rapports entre les Parlements des Etats musulmans. La plus remarquable de ces résolutions a été celle adoptée par la 10ème Session du Conseil, tenue au Caire, les 27-28 Janvier 2008, sur le renforcement de l'unité islamique, ainsi que la résolution sur la nécessité de la consultation et l'adoption d'une position unifiée par les Parlements Membres dans les Instances parlementaires et d'Organisations internationales.
Le Conseil de l’UPCI a également adopté d'autres résolutions sur des questions pressantes qui préoccupaient les peuples musulmans dans différents domaines politique, économique, culturel et organisationnel concernant le soutien des activités et des progrès de l'Union.

Dans le domaine politique, les Parlements Membres se sont intéressés aux problèmes de l’Oumma islamique et des peuples, en particulier la cause palestinienne, la cause la plus importante pour tout musulman. Le Conseil de l’UPCI a adopté plusieurs résolutions sur la Palestine, Al Qods Al Charif et la mosquée Al Aqsa, ainsi que la préservation de l'unité nationale palestinienne, notamment les deux résolutions sur la situation en Palestine adoptée par la 10e et 11e Sessions du Conseil, tenues respectivement au Caire et à Niamey en 2008 et 2009. Aussi la résolution adoptée par la 2e Session extraordinaire du Conseil de l’UPCI, qui s'est tenue à Istanbul, Turquie, le 24 Mars 2008, concernant la situation en Palestine occupée et le blocus israélien de la Bande de Gaza outre les résolutions adoptées par la 5e Session de la Conférence de l’UPCI, tenue au Caire, les 30-31 Janvier 2008, sur l'unité nationale palestinienne et les questions d'Al-Qods Al-Charif, la Palestine et les territoires occupés.
Le Conseil de l’UPCI a adopté d'autres résolutions sur l'Irak, le Liban, la Somalie, la région du Darfour et résolution intitulée « faire du Moyen-Orient une zone exempte d'armes de destruction massive ».
Le Conseil de l’UPCI a entrepris d'une manière remarquable les questions concernant la protection de la minorité musulmane turque de Thrace Occidentale et la Grèce ainsi que le soutien de l'indépendance du Kosovo.
En plus des résolutions adoptées par la 5e Conférence de l’UPCI, tenue au Caire les 30-31 Janvier 2008, sur l'Irak, la sécurité et la stabilité de la région soudanaise du Darfour, l'indépendance du Kosovo, la situation à Chypre, l'agression de l'Arménie à l'Azerbaïdjan et renforcement de l'unité islamique.
Dans le domaine économique, le Conseil de l’UPCI a adopté plusieurs résolutions visant à promouvoir les relations économiques entre ses membres, dont les plus remarquables et importantes d’entre elles étaient la résolution adoptée par la 10ème Session du Conseil de l’UPCI, tenue au Caire, les 27-28 Janvier 2008, concernant la création d'un Fonds Monétaire Islamique, et l’attribution des contributions volontaires au Fonds de solidarité des Etats islamiques en temps de catastrophes, ainsi que les résolutions adoptées par la 11e Session du Conseil de l’UPCI, qui s'est tenue à Niamey, au Niger, les 18-19 Janvier 2009, sur l'annulation ou l’allègement des dettes des Etats musulmans en souffrance économique ; suivi de l'étude d'établir un Fonds monétaire islamique et l’allègement des contributions volontaires au Fonds de solidarité islamique pour financer le Takaful et les opérations de solidarité entre les Etats musulmans en temps de catastrophes.
Dans le domaine social, le Conseil de l’UPCI s’est intéressé à plusieurs questions qui préoccupaient les peuples musulmans et a adopté d'importantes résolutions à ce sujet, par exemple, et non pas exclusivement, d'aborder le commerce d’esclaves et la traite des enfants musulmans ainsi que condamner l'agression contre les patrimoines historiques et culturels des Musulmans dans certains pays musulmans.
Dans le domaine organisationnel et administratif, l'UPCI a adopté plusieurs résolutions et recommandations importantes visant à faire progresser l'Union et améliorer ses performances, les plus remarquables d'entre elles étaient celles adoptées par la 5e Session de la Conférence de l’UPCI, tenue au Caire, les 30 -31 Janvier 2008, sur la nécessité d'une consultation et d'adoption d’une position unifiée par les Parlements Membres dans les instances parlementaires et les organisations internationales, et la résolution sur la création d'un comité ad hoc, présidé par le professeur Ahmed Fathi Sorour, Président de l'Assemblée du peuple de l'Egypte et Président de la 5e Session de la Conférence de l’UPCI avec la participation en tant que Membres, de leurs Excellences: Président de la 4e Session de la Conférence de l’UPCI, Président de la prochaine 6e Session de la Conférence, Président du parlement hôte, le Secrétaire général de l’UPCI, le Secrétaire général de l'OCI et trois Présidents des Parlements Membres des groupes régionaux arabe, africain et asiatique. L'objectif était d'élaborer un plan visant à réformer l'Union et de développer son Statut. La résolution prévoyait également la formation d'un comité technique restreint d'étudier la question et de soumettre un rapport au comité formé par l'Union, afin de présenter les résultats de ses travaux à la 6ème Session de la Conférence de l’UPCI en 2010.
L'UPCI a également réussi à obtenir de nouveaux membres. Les membres de l'Union sont actuellement au nombre de 51. C'est une preuve de la vitalité et de l'efficacité du travail effectué par l'UPCI en tant que tribune permanente pour discuter des questions politiques, économiques, culturelles et sociales de l’Oumma islamique et pour adopter des résolutions et des recommandations nécessaires à cet effet.
A cet égard nous pouvons faire allusion à la participation régulière de l'Union dans les réunions régionales et internationales, comme les réunions de l'UIP, ainsi que de jouer un rôle important dans la cimentation des relations entre les peuples musulmans d'Asie, d'Afrique et d'Europe.
Enfin et surtout, l'UPCI a fait plusieurs succès dans le domaine de l'information, le plus remarquable d'entre eux, a été le développement du site de l’UPCI qui occupe maintenant sa place dans le monde et les Unions Parlementaires Régionales. Il y a également la publication du trimestriel de l'Union "UPCI" dans les trois langues: arabe, anglais et français. L'objectif est de remédier à la pénurie concernant l’information de l'Union. La troisième édition de "UPCI" a vu le jour en Juillet 2009. Le Secrétariat général a l'intention de mettre à niveau cette opportunité pour servir aux objectifs de l’UPCI stipulés dans son Statut.
Cela ne signifie pas que l'UPCI a atteint les objectifs escomptés et les résultats tels stipulés dans l'article (1) de son Statut. Ce qui a été atteint est encore inférieur à ce qui est attendu de l'Union. L'écart est grand entre ce qui est requis et ce qui a été effectivement réalisé. Cela est dû à plusieurs défis et obstacles qui affectent le développement et le progrès de l'Union, le plus remarquable d'entre eux est celui du manque de financement. L'écart est grand entre ce qui a été stipulé dans le Statut de l'UPCI, tel que l'allocation d'un budget annuel s'élevant à 50% du budget de l'OCI, d'une part, et la résolution de la 2ème Session du Conseil de l’UPCI au Caire, en Juillet 2000, de fixer le budget de l’UPCI seulement à 10% de la contribution de chaque Etat membre au budget de l'OCI. Certes, la restriction considérable des revenus financiers semblait raisonnable en 2000 pour lancer les travaux de l'Union. Toutefois, la poursuite de ces restrictions par rapport aux années ultérieures a un grand impact sur l'efficacité de l'UPCI sur les scènes islamique et internationale.
En outre, la moitié des Parlements Membres ont des arriérés entre un et huit ans. Certes, cela a-t-il réduit la capacité de l'Union à développer et à dynamiser ses performances et à faire des résolutions adoptées, une réalité.
L'Union n'a pas réussi à résoudre certains problèmes, l'organisation des relations entre les Parlements des Etats membres, ou l'élimination de certains défis qui sont communs aux Etats musulmans, notamment stopper la campagne vicieuse occidentale contre l'islam et les Musulmans, la détérioration des conditions de certaines minorités musulmanes, ainsi que le ralentissement de la conjoncture économique qui se sont encore aggravées davantage, par la crise financière et économique mondiale.
Cela nécessite des mesures sérieuses pour développer le travail de l'Union et pour dynamiser le rôle du Secrétariat Général et développer le Statut et les Règlements de l'UPCI. Le développement n'est pas un objectif en soi, mais un moyen de réaliser des intérêts plus élevés et des avantages plus inclusif, particulièrement à la lumière des nouveaux développements au niveau international et islamique.

Q: Comment évaluez-vous la réaction de l’UPCI face aux problèmes islamiques en général ?

A: Plus de dix années se sont écoulées depuis la création de l'UPCI. Au cours de cette période ont été organisées cinq sessions de la Conférence, onze sessions du Conseil et vingt et une réunions du Comité Exécutif, ainsi que d'autres réunions extraordinaires, dont la dernière était la réunion extraordinaire du Comité Exécutif à Istanbul le 14 Janvier 2009, visant à remédier à la situation aggravante dans la Bande de Gaza et ses conséquences néfastes.

Les différents niveaux de l'UPCI ont adopté un ensemble de résolutions et de recommandations interagissant avec les questions et les crises de l’Oumma islamique. Ils ont également abordé les moyens de la coopération entre notre monde islamique et la communauté internationale par le dialogue, etc.
Les plus remarquables de ces questions concernant le domaine politique, ce sont les les conditions graves et dégradantes dans les territoires palestiniens occupés, la politique continue de la pénétration en profondeur dans les terres palestiniennes; la poursuite de la construction du Mur de séparation; le blocage du dialogue israélo-palestinien, et la récente agression tyrannique israélienne à la Bande de Gaza qui a conduit au martyre et à la blessure d'environ cinq mille Palestiniens et à la dévastation de grande envergure de services publics et de l'infrastructure.
La détérioration des conditions de la sécurité en Irak pose un défi non moins dangereux, en plus des situations dramatiques dans plusieurs autres pays musulmans, principalement en Somalie.
Avant tout, dans le domaine culturel, la question abordée par l'Union est l'attaque sauvage contre l'islam et les musulmans et la persistance d’oblitérer l'image de l'islam, le taxant de terrorisme, l'UPCI a souligné que la distorsion de l'image de l'Islam et les musulmans était devenue la cible principale d'extrême droite de plusieurs Puissantes de droite et des milieux sionistes dans les Etats occidentaux, surtout après 11/9/2001. Un large front s'est constitué pour s'opposer et refuser la présence de tout musulman dans les Etats occidentaux. L'islamophobie a été développée s’ajoutant à la souffrance des minorités musulmanes en Europe et aux USA.
Comme cette question constitue le défi le plus majeur auquel fait face l’Oumma islamique et affecte son destin, l'Union a interagi d'une manière sérieuse. Les différents niveaux de l’UPCI ont adopté plusieurs résolutions, notamment la résolution adoptée par la deuxième session extraordinaire du Conseil de l’UPCI, tenue à Istanbul le 24 Mars 2008 concernant la demande d'incriminer les offenses aux symboles religieux saints ainsi que la résolution adoptée par la 11e session du Conseil, tenue au Niger, les 18-19 Février 2009 sur l’adoption d'une résolution de l'ONU relative à la promulgation d'une législation internationale interdisant d’offenser les religions divines et leurs symboles.
Dans le domaine économique, les principales questions concernant l'UPCI sont sur la souffrance de la plupart des Etats musulmans en raison de la pauvreté, le faible taux de développement économique, l'imposition de sanctions unilatérales contre les Etats musulmans, la création d'un Fonds Monétaire Islamique, et la crise financière et économique mondiale.
Les Parlements des Etats musulmans ont entrepris des efforts pour renforcer les liens de coopération économique et la solidarité entre les pays musulmans. Plusieurs résolutions ont été adoptées visant à résoudre ces questions pressantes. Principalement la résolution de la 5e Session de la Conférence de l’UPCI, tenue au Caire les 30-31 Janvier 2008, concernant l’attribution des contributions volontaires au Fonds de solidarité islamique pour financer le processus d'interdépendance (Takaful) et la solidarité entre les Etats musulmans en période de catastrophes.
Bien que nous nous félicitions de ces réalisations, nous tenons à souligner qu'ils sont encore en deçà de nos aspirations et attentes.
Nous tenons à souligner la nécessité d'une action efficace et continue pour le suivi des questions et des développements de l’'intérêt de l’Oumma et la nécessité de mener des études par anticipation. Inévitablement, cela ne se fera que grâce au développement des activités et des tâches des Comités Spécialisées Permanents de l’UPCI, en leur fournissant une portée plus large pour s’occuper des tâches leur confiées et organiser des réunion en rapport avec leurs propres habilités concernant les causes de l’Oumma sur les plans politique, économique, culturel et social.

Q: Dans le cadre des parlements musulmans, par quelle(s) voie(s) peut-on soutenir la question palestinienne ?

R: La cause de la Palestine et la situation dans les territoires occupés ont pris une place primordiale dans toutes les réunions ordinaires et extraordinaires de l’UPCI, considérée comme la question centrale et focale du Monde islamique et arabe. Cela est vrai au niveau de la Conférence, du Conseil et du Comité Exécutif de l’UPCI.
Le souci de la cause palestinienne se manifeste clairement dans le choix d'Al-Qods comme le logo de l’UPCI par la 2e Session de la Conférence de l'Union, tenue à Rabat, les 27-28 Septembre 2001, considérant que la cause palestinienne est la cause centrale de tous les Musulmans et Arabes.
En outre, la protection de la mosquée Al-Aqsa contre la menace de la destruction, le Mur de séparation raciste israélien ; obliger Israël à respecter la quatrième Convention de Genève et le traitement des prisonniers et détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, conformément aux dispositions du Droit international humanitaire; reprise du processus de paix par le biais de la dynamisation du Quartet, à la lumière de la légitimité internationale et le Plan de paix arabe; condamnation du blocus financier et économique des Palestiniens à la suite des élections démocratiques, et rendre l'ensemble du Moyen-Orient une zone exempte d'armes de destruction massive, notamment les armes nucléaires, font parties des éléments constants des réunions de la Conférence et du Conseil de l’UPCI et ceux du Comité Spécialisé des Affaires politiques et économiques. Ces questions étayent plusieurs résolutions et recommandations à l'appui de la cause palestinienne.
Les plus poignantes des résolutions adoptées à cet égard sont les deux résolutions du Conseil de l’UPCI, dans son dixième et onzième sessions, tenues au Caire et au Niger, en 2008 et 2009, successivement, sur la situation en Palestine occupée. Il y a également la résolution adoptée par la 5e Session de la Conférence de l’UPCI, tenue au Caire, les 30-31 Janvier 2008, concernant l'unité nationale palestinienne et les questions d'Al-Qods Al-Charif, la Palestine et les territoires occupés. Aussi la résolution adoptée par la 2e Session extraordinaire du Conseil de l’UPCI, tenue à Istanbul, en Turquie, le 24 Mars 2008 sur la situation en Palestine occupée et le blocus israélien de la Bande de Gaza.
Les événements dramatiques qui prévalent au Moyen-Orient, en particulier l'agression israélienne sauvage sur la Bande de Gaza assiégée, ce qui a entrainé la mort et la blessure de cinq mille Palestiniens, et le silence international suspect, ont incité l’UPCI de convoquer une réunion extraordinaire ouverte du Comité Exécutif à Istanbul, le 14/1/2009, afin de lutter contre la détérioration de la situation et son impact dans la Bande de Gaza. La réunion a été considérée comme la première action parlementaire importante réalisée par les pays islamiques pour traiter une telle tragédie humaine redoutable.
La réunion a adopté la "Déclaration d'Istanbul", les résolutions objectives et une feuille de route claire, en vue de faire face à cette crise grave et à ses conséquences. La réunion a également renouvelé son soutien à la juste lutte du peuple palestinien pour recouvrer ses droits inaliénables fondés, y compris leur droit au retour, à l'autodétermination et à établir son Etat indépendant avec Al-Qods Al-Charif comme capitale. Il a demandé à la communauté internationale et à ses institutions concernées à constituer une commission d'enquête sur les violations par Israël des droits de l'homme et du droit humanitaire international et de traduire les coupables devant la justice internationale. La réunion a demandé une levée immédiate du blocus de Gaza, ouvrant tous les passages et en reconnaissant la résistance du peuple palestinien contre l'agression. La réunion a demandé aux factions palestiniennes à renoncer à leurs divergences pour assurer l'unité nationale palestinienne et de servir les intérêts supérieurs du peuple palestinien. Les mesures de suivi pour mettre en œuvre les résolutions de la "Déclaration d'Istanbul" se poursuivent à travers les discours et les réunions avec les Présidents de plusieurs Parlements, en marge des conférences régionales et internationales, notamment la Conférence sur le thème "Soutenir le Symbole de la Résistance en Palestine - Gaza, victime de la criminalité », qui s'est tenue à Téhéran le 4 Mars 2009 et la 120e Assemblée de l'UIP, tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie, les 5-10 avril 2009.
Les Parlements Membres ont apporté une assistance et un appui au peuple palestinien en faisant don d’une part de salaires de leur personnel, en tenant des colloques, des expositions et des festivals de soutien. Ils se sont engagés de faire des contributions pour reconstruire ce qui a été détruit par la machine de guerre israélien, ainsi que de reconstruire le Conseil Législatif à la Bande Gaza, et l'envoi des équipes médicales et des convois de secours et d’assistance humanitaires. L’action comprenait également des déclarations condamnant et dénonçant l’agression israélienne brutale à la Bande de Gaza, et les atrocités sans précédentes perpétrées par Israël dans la Bande contre la population civile, la fermeture des passages, arrêtant toute assistance matérielle et affamant le peuple palestinien.
Le Secrétariat Général de l'UPCI a publié plusieurs déclarations de condamnation soutenant le peuple palestinien dans sa tragédie humaine, notamment la dénonciation des massacres horribles commis par Israël sur la plage de Gaza qui a abouti au martyre de huit personnes, dont sept de la même famille, le 12 Juillet 2006. La Déclaration dénonçant catégoriquement l'arrestation de M. Aziz Al-Doweik, Président du Conseil Législatif Palestinien et la demande de sa libération immédiate ainsi que des autres députés détenus (6/8/2006); la déclaration dénonçant l'agression israélienne odieuse au village de Beit Hanoun au Nord de la Bande de Gaza tuant et blessant ainsi plusieurs civils pacifiques sous les décombres de leurs maisons, le 6/11/2006; Communiqué sur l’accueil favorable et l’appui à la formation d'un gouvernement palestinien d'unité nationale le 18/3/2007; la déclaration déplorant le blocus cruel imposé par Israël à la Bande de Gaza, en violation de tous les principes des droits des êtres humains à vivre dans la dignité (20/12/2008); la déclaration fustigeant la peine de 3 ans de prison ferme déclarée par un tribunal israélien contre le Dr Aziz Al-Duwaik (20/12/2008); déclaration dénonçant les violations continues d'Israël contre la Bande de Gaza qui a culminé dans le massacre odieux perpétré par les forces d’occupation israéliennes entrainant le martyre et la blessure des milliers de peuple palestinien héroïque (27/12/2008).
Néanmoins, vu l'interaction continue de l’UPCI de la question palestinienne en général, et de l'agression israélienne contre la Bande de Gaza en particulier, l'Union doit adopter plusieurs stratégies pour soutenir et aider la cause palestinienne, à savoir:
1) Des mesures fermes pour rappeler à la Communauté internationale que la situation au Moyen-Orient, et à la Bande de Gaza en particulier, est grave. Ceci est principalement dû au fait que la question palestinienne n'est pas pris au sérieux et que la légitimité internationale qui garantit le droit des Palestiniens à créer leur Etat indépendant, n'a pas été appliqué.
2) Des efforts déployés dans le cadre de l'ONU et l'UIP en vue d'exercer des pressions sur Israël, Puissance d’occupation, de mettre fin au blocus de la Bande de Gaza, et libérer immédiatement et inconditionnellement tous les prisonniers palestiniens, en particulier les parlementaires palestiniens détenus.
3) La création d'un Fonds spécial islamique, dans le cadre du soutien à la cause palestinienne, et la participation à la reconstruction de la Bande de Gaza et de ramener son ancienne prospérité.

Q: Comment considérez-vous le niveau de l’action de coopération de l’Union dans les fora internationaux, en particulier dans le cadre de l’UIP ?

R: Chaque action, quelle que soit sa nature, est assujettie au développement et à la progression vers le mieux. Qu'il suffise de souligner ici que l'action de coordination de l’UPCI est continue et fructueuse à travers les représentants des Parlements membres dans les Fora internationaux, en particulier dans le contexte de l'UIP. Le Groupe islamique continue de tenir ses réunions de consultation en marge des Assemblées de l'UIP, la plus récente a été la 120ème Assemblée de l'UIP, réunis à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 6 avril 2009, visant l’adopter d’une position unifiée sur les questions importantes pour l’Oumma dans les Fora internationaux, en soutenant les efforts visant à établir un dialogue permanent entre les Parlements islamiques et occidentaux. La continuation de la mission internationale de la Commission d'enquête sur les violations israéliennes sans précédentes, des droits de l'homme et du droit international humanitaire, et de poursuivre les commanditaires des crimes de guerre par la justice internationale, conformément à la Déclaration d'Istanbul; l'adoption d'une résolution de l'ONU pour adopter une législation internationale interdisant de porter atteinte aux religions divines et leurs symboles respectifs. La formation d’une Commission d’enquête parlementaire internationale sur les opérations militaires israéliennes à Gaza et discuter du rôle international de parlementaires dans la réalisation et le soutien de la paix, la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient.
Pour faire avancer l’action de coordination de l’UPCI dans le cadre de l'UIP et et le vêtir d’un statut officiel et de la légitimité juridique, la Conférence de l’UPCI (5e session), tenue au Caire, les 30-31 Janvier 2008, a adopté une résolution sur la nécessité de consulter et de prendre une position unifiée par les Parlements membres de l’UPCI dans les Fora et Organisations parlementaires internationaux, surtout à l'UIP.
La session extraordinaire du Conseil de l’UPCI, tenue à Istanbul, en Turquie, le 24 Mars 2008, a adopté une résolution sur le soutien à la candidature du Président de la Chambre des Représentants indonésienne à la Présidence de l'UIP.
En dépit de ces propres efforts pour stimuler et promouvoir l’action de coordination de l’UPCI, les résultats obtenus jusqu'ici sont encore en dessous des espérances. En outre, le Groupe parlementaire islamique à l'UIP, en dépit de sa taille dans l'Union, est considéré comme l'un des groupements les moins efficaces des organisations régionales pendant la prise de décision pour adoption des résolutions de l’UIP. Cela nécessite de donner une impulsion à l'action de coordination à travers plusieurs mécanismes, à savoir:
1) Déployer davantage d'efforts afin de réaliser une coordination plus considérable avec les groupes arabes et asiatiques pour donner suite aux demandes et recommandations du Groupe islamique dans les séances plénières de l'UIP.
2) L'établissement d'un organe permanent chargé de procéder à une coordination et une concertation entre les délégations parlementaires de l’UPCI afin d'adopter une position unifiée au cours des séances plénières de l'UIP pour soutenir les causes de l’Oumma islamique et relever les nombreux défis auxquels elle est confrontée.
3) Se mettre d'accord pour soulever les questions générales et importantes pour tous les Etats musulmans, qui n’ont pas l'approbation générale.
4) Réalisant des interactions positives dans le cadre du système de l'UIP par la volonté collective et l'action conjointe organisée afin de refléter les préoccupations et les questions de l’Oumma islamique sur la scène internationale.

Q: Comment envisagez-vous les moyens d'activer et effectuer UPCI action afin de renforcer la coopération entre les Etats membres dans les domaines économique et commerciale basée sur les résolutions UPCI?

R: Avant de répondre à cette question, une référence doit être faite à la souffrance de la plupart des Etats musulmans en raison de la pauvreté et des faibles taux de développement socio-économique. Selon les rapports de l'OCI le taux de pauvreté dans 36 des 57 Etats membres de l'OCI se situe entre 20% et 60%. Cela est lié au faible niveau des services primordiaux offerts aux citoyens, comme l'éducation et la santé.
Il y a aussi les défis liés à la volonté de la prise des décisions politiques pour l'intégration entre les Etats musulmans et la volonté de la mise en œuvre de la décision, les défis relatifs au développement humain au niveau national et collectif, et l'ère de la mondialisation, l'informatique et les blocs économiques. Qu'il suffise de dire que le commerce intra-islamique des Etats n'a pas atteint le niveau souhaité, le taux est encore entre 13% et 14% du commerce mondial. C'est vraiment très faible. En outre, il existe la crise financière et économique qui prévaut dans le monde avec ses graves répercussions sur le monde islamique.
En réponse à ces défis économiques et commerciaux, l’UPCI a élaboré un plan intégré ayant pour but de renforcer les relations économiques et commerciales entre les Etats membres, visant à:
1) Augmenter le taux des échanges commerciaux et des investissements entre les Etats membres.
2) Lutter contre la pauvreté, le chômage et améliorer la qualité de vie.
3) Encourager le transfert de main-d'œuvre.
4) Financer des opérations d'interdépendance et de solidarité lors de catastrophes.
5) Coopérer dans le domaine du transfert de la technologie.
Afin de réaliser ces objectifs, l'UPCI a adopté des résolutions concenrnat la lutte contre les effets et les impacts de la mondialisation sur les économies des pays en développement, en particulier les Etats musulmans, à travers la création d'un Marché commun islamique, qui aidera à établir des coentreprises économiques, et d'établir le lien entre les marchés financiers des Etats musulmans.
Ces résolutions ont souligné le rôle crucial des Parlements dans la formulation socioéconomiques des politiques d'action économique communes afin d’acquérir la technologie et coordonner dans le domaine des technologies de l'information.
A cet effet, les résolutions du Conseil ont encouragé les gouvernements membres de l'OCI à établir un Conseil Socioéconomique islamique afin de développer l'économie islamique et de proposer des lois et des législations à cet effet.
Le Conseil de l’UPCI a adopté des résolutions importantes à cet égard, à savoir celles publiées par sa 10e session, tenue au Caire, les 27-28 Janvier 2008 pour poursuivre la mise en place d'un Fonds monétaire islamique; l’affectation des contributions volontaires au Fonds de solidarité islamique pour le financement de l'interdépendance (Takaful) pour des opérations en temps de catastrophes, l'annulation ou l'allègement des obligations économiquement des pays musulmans. Ils ont été à nouveau soulignés lors de la 11e session du Conseil UPCI, tenue à Niamey - Niger, les 18-19 Février 2009, compte tenu de leur importance.
Ces résolutions ont souligné la création des mécanismes pour financer les contributions et projets de développement dans les Etats indigents, par voie de mode islamique d’épargne non-usuraire tels que Moucharaka, Mourabaha, Musanaa, et Muzaraa. Ils sont aptes à atteindre l'objectif escompté sans endettement direct.
L'UPCI poursuit la mise en œuvre de l’une de ses résolutions portant sur la création d'un Fonds monétaire islamique.
Conformément aux résolutions adoptées par le Conseil de l’UPCI dans ses dernières sessions, en particulier celle qui s'est tenue à Niamey en Février 2009 appelant à encourager les Etats membres à conclure des accords bilatéraux sur le développement et favoriser l'échange commerciale commune, exhortant les gouvernements des Etats membres d'instaurer un conseil économique socio-islamique, et constituer un comité technique chargé d'examiner les problèmes économiques, elle est possible d'élaborer plusieurs conceptions de l'activation de l’action de l’UPCI visant à promouvoir la coopération entre les Etats membres dans les domaines économique et commercial, à savoir:
1) - D'établir un mécanisme de travail par les experts dans les domaines économique et commercial et de constituer un comité chargé de suivre le fonctionnement de ce mécanisme afin de parvenir à un résultat positif et solide.
2) Pour activer la Zakat et allouer 0,7% du PIB des pays riches en faveur des pays pauvres. En plus des ressources locales de ces derniers et la bonne volonté, ces moyens supplémentaires leur permettent de construire des écoles, des hôpitaux, des routes et des installations pour l'approvisionnement en eau. Ces activités contribueront à éliminer la pauvreté.
3) Pour exercer une pression sur les gouvernements musulmans, afin de faciliter le transfert des capitaux entre Etats musulmans et de surmonter les divergences politiques d'une façon qui accroît les possibilités d'investissement publiques et spécialisées. Dans le même temps, elle accordera des ressources disponibles pour le développement dans les pays qui souffrent de la pénurie ou de la faiblesse du capital dues au faible taux d'épargne.
4) Demander aux Gouvernements musulmans de Prendre des mesures concrètes pour développer l’intra-commerce des Etats Membres de l'OCI, et des marchés ouverts à la libre circulation des marchandises et des services.
5) De renforcer la Coopération dans le domaine technologique, en particulier la technologie de l'informatique et des communications, en raison de son impact positif sur tous les domaines économique, industriel, agricole et des secteurs de services. Il fournira également une technologie plus appropriée pour les Pays islamiques que Celui importé de l'Occident avec des conditions souvent inéquitables. Il y a aussi la nécessité de créer un fonds pour soutenir et promouvoir la recherche scientifique et le développement technologique.
6) Pour contribuer à la formulation d'une stratégie islamique commune et intégrée pour le développement durable à travers l'élaboration de stratégies exécutives, d'études de référence, recherche de field-work et des rapports périodiques sur les questions de développement dans les Etats islamiques, ainsi que la présentation des solutions proposées pour les défis éventuels dans le monde islamique.
7) Soutenir les initiatives pour des joint-ventures entre les Etats islamiques et Coordonner les plans de développement global afin de parvenir à Une intégration économique.
8) Créer des Intérêts économiques communs reposant sur la souveraineté de chaque Etat sur ses ressources respectives, et pour fournir aux capitaux islamiques tous les incitations et les garanties dont jouissent les capitaux étrangers dans les pays musulmans, notamment pour donner une transparence adéquate aux opportunités d’Investissement et les domaines y afférents, et Les prix des marchandises et des services dans le Marché intérieur.

Q: Quel est le rôle devrait être joué par la diplomatie parlementaire dans le renforcement des relations officielles entre les différents Etats UPCI?

A: La diplomatie parlementaire doit jouer un rôle important dans la consolidation des liens de compréhension et d’échanges au niveau des Organes législatifs, ainsi que des organismes gouvernementaux. Par ailleurs La diplomatie parlementaire est le cadre idoine de concertation et de discussion entre les Représentants des peuples de diverses questions. Par conséquent, il est impératif d'employer, cette diplomatie d'une Manière optimale en vue de renforcer la solidarité et la coopération entre les Etats Membres de l’UPCI, unifier les efforts et coordonner l'action islamique commune pour parvenir à l'objectif le plus sublime, à savoir l'unité islamique globale.
A notre avis, l'UPCI a joué un rôle considérable dans la consolidation des relations entre les gouvernements et peuples musulmans en Asie, en Afrique et en Europe. Cependant, ce rôle n’est pas au-delà du niveau escompté.
Dans ce contexte, les Parlements des Etats musulmans ont un grand rôle à jouer en investissant et en employant cette diplomatie, dans un souci de renforcer les relations officielles entre différents pays de l’UPCI et d’affronter les défis qui entravent le processus de la prospérité et du développement des Etats Musulmans, ainsi que le renforcement des liens de contact avec les Parlements d'autres Etats à travers:
1. La coordination des efforts et des initiatives dans les forums régionaux et internationaux afin d’adopter une résolution juste et équitable aux problèmes du monde musulman.
2. Le Maintien des contacts solides et efficaces avec les Autorités exécutives dans les Etats de l’UPCI afin de faire des Résolutions de l’UPCI un réalité concrète dont les effets peuvent être clairement visibles dans les domaines politique, économique, social et culturel.
3. Activer le rôle des Parlements musulmans à pratiquer la diplomatie parlementaire, par des contacts continus bilatéraux entre eux et avec d'autres Parlements. Il importe également de construire des liens de contacts et d'entente avec les Parlements et ce, en vue de servir les causes de l’Oumma.
4. Fournir des solutions et des propositions concernant les défis futurs auxquels serait confronté le monde musulman; unifier les efforts et coordonner les positions et initiatives des Etats membres de l’UPCI afin de trouver un système unifié dans lequel fusionnent les politiques fondamentales communes et les plans nationaux.
5. Agir pour améliorer les relations bilatérales et multilatérales dans les domaines où la diplomatie officielle ne parvient pas à agir, notamment en temps de crises, de guerres et de rupture des relations diplomatiques, etc., entre certains Etats musulmans.
6. Activer la fraternité et l'amitié dans les Parlements des sociétés musulmanes en donnant la priorité aux programmes des Parlements par les visites mutuelles, ainsi que la tenue de réunions bilatérales. Créer également des programmes pour apporter aide et assistance aux Parlements, dont les circonstances les empêchent de remplir pleinement leur fonction législative, ainsi que d'organiser des cours de formation conjointe pour le personnel des Parlements et des parlementaires. Cela permettra de réaliser l'échange d'expertise et de faire progresser l'action commune et collective.

 

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