S.E. le Président de l’Assemblée Nationale soudanaise, M. Ahmed Ibrahim Al Tahir à l’«UPCI»:

- Sécurité islamique collective est une nécessité et une obligation
- Mise en œuvre des résolutions par les Parlements membres
- Dialogue Islamo - Occidental surmonte les tensions
- Notre devoir est de soutenir les minorités musulmanes

UPCI Bulletin No.12 Hiver 2013

sudanOmdurman: Correspondant de l’«UPCI»:
Son Excellence le Président de l’Assemblée Nationale de la République du Soudan M. Ahmed Ibrahim Al-Tahir a préconisé la nécessité pour l’UPCI, du moulage d’un noyau de consensus islamique sur les grandes questions qui préoccupent l’Oummah islamique et le monde entier.
Dans son interview avec l’«UPCI» a-t-il exhorté les Etats musulmans à déployer le maximum d’efforts afin d’atteindre le succès de notre Institution parlementaire.
En ce qui concerne l’incessante agression israélienne sur Gaza, Son Excellence a souligné que «cette situation nécessite la poursuite du rapprochement et de la solidarité entre les Etats islamiques, ainsi que la coordination de ses politiques.”
Il a appelé à prendre des mesures pour mobiliser nos forces dans la région de Moyen-Orient et de construire la sécurité musulmane. Il a soutenu que la sécurité musulmane est une nécessité et un devoir pour tous les musulmans. Il a exprimé sa conviction qu’une telle « sécurité garantira la stabilité du monde islamique et va dissuader l’agression israélienne sur un État musulman. En outre, il assurera une coopération totale entre les Etats musulmans concernant les questions majeures », a rappelé M. Tahir.

Dans son bureau situé à l’étage supérieur de l’édifice de l’Assemblée Nationale à la ville d’Omdurman, République du Soudan, surplombant le confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu, dont les eaux coulent côte à côte avant de fusionner et de former le Nil pour serpenter le long chemin tortueux vers le nord... l’«UPCI», a rencontré le Président de l’Assemblée Nationale, S.E.M. Ahmed Ibrahim Al Tahir, et reflète ses vues sur certaines questions d’intérêt pour l’UPCI.

Voici des extraits:

«UPCI»: Monsieur le Président, je vous remercie pour permettre à l’«UPCI» de vous parler des préoccupations de notre Union. Comment évaluez-vous le développement de l’UPCI au cours des douze dernières années de son existance?

Président: Au nom d’Allah, Très Clément, Très Miséricordieux. Au début, je vous remercie de votre visite à l’Assemblée Nationale. Nous suivons le développement de l’UPCI. Le Soudan est parmi les fondateurs de l’Union. En effet, le Parlement soudanais a proposé à la fin des années nonante la création de l’UPCI. L’idée a été vivement approuvée par les États islamiques, principalement par la République islamique du Pakistan, République islamique d’Iran, République arabe d’Égypte, Royaume d’Arabie saoudite, République de Turquie etc. Le Soudan est très préoccupé par le succès de l’UPCI.
En comparaison avec d’autres institutions similaires, en dépit de son âge relativement jeune, l’UPCI a été à la pointe des unions régionales parlementaires. Elle a été établie sur des bases saines. Ses réunions sont régulières; ses sujets de discussion sont pertinents, le travail au sein du Comité exécutif, du Comité Général et de la Conférence est bien organisé, la participation des membres de l’UPCI à ses travaux est satisfaisante. C’est pourquoi nous maintenons que l’UPCI est en avance par rapport aux autres institutions auxquelles nous participons. C’est une question digne d’éloges.
Cependant, nous exigeons beaucoup plus de l’UPCI. Nous n’avons pas l’intention de faire la comparaison avec d’autres unions régionales ou de groupes parlementaires. Les véritables objectifs que notre institution doit réaliser est, entre autres, de fournir les bases d’une relation entre ses membres fondée sur une appellation qui regroupe ses membres en un seul corps, soit La Dénomination Islamique. Cela étant le but, il nous incombe de travailler, en tant qu’États musulmans, pour assurer le succès de l’UPCI afin de servir de noyau à un consensus islamique sur les grandes questions qui préoccupent le monde musulman et le monde tout entier. Je crois que nous avons un long chemin à parcourir et beaucoup d’efforts à déployer avant que nous atteignions nos objectifs. Parce que l’objectif est colossal, nous devons donc agir avec plus d’enthousiasme et de préparation. Nous exhortons sincèrement l’UPCI à parcourir cette longue route.

«UPCI»: Excellence a parlé du long chemin que l’Union doit parcourir. A votre avis, quel est le mécanisme efficace pour dynamiser les résolutions adoptées par les organes de l’UPCI?

Président: Mise en œuvre des résolutions est l’un des problèmes auxquels l’Union est confrontés. Ce problème particulier provient des différences entre les systèmes politiques des Etats des Parlements membres de l’UPCI. Il est également influencé par la nature des relations entre ces Etats. Dans une telle situation les problèmes mineurs sont susceptibles d’emporter sur les principaux. En outre, certains États sont plus réticents à prendre de grandes avancées positives. Je crois que la question ne provient pas de la responsabilité de l’UPCI, il s’agit plutôt de la responsabilité des membres de l’UPCI. Nous devons nous ouvrir les uns aux autres. Nous devons faire confiance les uns aux autres plus que nous le faisons maintenant. Nous devons chercher une base commune pour la réalisation de nos objectifs auxquels nous aspirons.
Je crois que le mécanisme peut être l’Union et ses organes exécutifs. C’est pourquoi nous devons renforcer le Comité Exécutif de l’UPCI ainsi que le Comité Général. Ceci est très important. Les membres de l’UPCI devraient saisir tous les moyens possibles pour renforcer les organes de l’UPCI afin de leur permettre d’accomplir leurs tâches de façon optimale.

«UPCI»: En ce qui concerne le dialogue entre les Parlements islamiques et occidentaux, voyez-vous quelque avantage?

Président: Bien sûr, il y a une opportunité de dialogue entre les deux parties. L’action parlementaire est un mécanisme de dialogue entre les États musulmans et occidentaux. À mon avis, un tel dialogue peut aider à surmonter plusieurs problèmes et zones de tension entre les deux parties. Il peut générer une sorte de proximité mentale dans certaines questions. C’est pourquoi j’ai toujours favorisé les rencontres entre les Parlements islamiques et occidentaux.
«UPCI»: Cette interview peut être publiée après un certain temps. Or, le développement le plus significatif dans la région est l’agression israélienne sauvage contre le peuple palestinien dans la Bande de Gaza et le massacre et la dévastation qui s’en suivent. Nous sommes d’avis que le monde islamique aurait pu être plus efficace à cet égard. À votre avis, qu’est-ce qu’on aurait pu faire, en particulier dans le domaine politique?
Président: En effet, Je pense que la question fondamentale est celle de la Palestine et d’Al Qods Al-Charif, et c’est une question pour laquelle nous devons déployer tous nos efforts vu que c’est l’essence même des problèmes dans la région, je voudrais dire que c’est aussi la cause de vulnérabilité qui affecte toute cette zone. Il est également à l’origine du sentiment de disgrâce. La présence sioniste dans la région, renforcée par la Puissance occidentale, cherche à perpétuer cet état de faiblesse. L’objectif pour eux est de maintenir la sécurité d’Israël.
Je crois que tout mépris de la cause palestinienne, ne seulement retarde sa mise en œuvre, mais le rend également plus compliqué.
Les développements politiques qui ont eu lieu dans la région ont provoqué l’anxiété à l’intérieur d’Israël.
L’agression contre Gaza est la manifestation de cette anxiété.
Cette situation nécessite la continuation du rapprochement et de la solidarité entre les Etats islamiques dans la région ainsi que la coordination des politiques, Ce qui est de nature à stopper les intentions de l’agression israélienne. Je préconise donc des mesures pour rallier nos forces dans la région et renforcer notre sécurité musulmane. La Sécurité des musulmanes est une nécessité et un devoir pour nous tous. Si Israël tient à maintenir ce qu’il appelle sa sécurité nationale, nous devons faire des préparatifs pour créer la sécurité collective des musulmanes. Cette sécurité garantira la stabilité du monde islamique et va dissuader l’agression israélienne sur un État musulman. En outre, il assurera une coopération totale entre les Etats musulmans dans les questions majeures.

«UPCI»: Il est nécessaire de soutenir et d’aider les musulmans dans les pays non-musulmans afin qu’ils puissent vivre dans la dignité et jouir de leurs droits en tant que citoyens, sans pression ou de suppression, comme le cas récent des musulmans de Rohingya au Myanmar. Ne pensez-vous pas que nous devrions être plus actifs dans ce domaine?

Président: Bien sûr, c’est avant tout, une question humanitaire. Cela nuirait également à la paix dans le monde et aux droits universels consensuels. Les droits et libertés de toutes les minorités doivent partout être respectés. Personne dans le monde ne pourrait le nier. Cependant, nous, en tant que musulmans, nous devons éradiquer toute l’injustice qui frappe nos frères musulmans partout dans le monde ainsi que le prescrit le Coran, Nous sommes exhortés à nous soutenir mutuellement.
En ce qui concerne nos frères musulmans au Myanmar, et en l’occurrence les minorités musulmanes dans le monde, nous devons sensibiliser tous les pays à améliorer leur sort et mettre fin aux massacres auxquels ils sont soumis. Il faut exercer des pressions sur le gouvernement du Myanmar pour lever l’injustice contre les musulmans de Rohyngia et rétablir leurs droits. Dans le cas contraire, une pression supplémentaire doit être exercée sur l’Etat du Myanmar jusqu’à ce qu’il respecte les minorités religieuses sur son territoire.