Ordalie de Rohingya

Ordalie de Rohingya

Par Orhan Atalay, Membre du Parlement turc

L’ordalie a surgi avec l’occupation britannique et la colonisation du pays musulman de Rohingya, connu sous le nom de Birmanie, en 1862. Les crises successives et les désastres ont affligé les Musulmans à travers des décennies. Le monde était témoin de ces développements injustes et sanglants.  

L'histoire dont nous parlons ou entendons ou racontons à propos des Rohingyas est l'une des histoires de la colonisation. Depuis l'antiquité et jusqu'à l'avènement de l'homme blanc, les peuples vivaient dans la paix et la conciliation, même si leurs ethnies et leurs religions étaient différentes, en particulier sous le règne du premier État musulman en 1430, dirigé par le Sultan Suleiman Shah. Cet Etat a continué à régner jusqu'en 1784.

L'homme blanc, en possession d'armes fatales et destructrices, errait dans le monde, non pour des découvertes scientifiques, mais uniquement pour la colonisation. Il cherchait à faire de son pays un paradis au détriment des richesses, du sang et du labeur d’autrui. Son seul but dans la vie était d'usurper les richesses des autres; partout où il les trouve, il les pille et les emmène dans sa patrie, de façon illégale, immorale et sans demander la permission aux propriétaires. Il croit que cela devrait être juste. Sa croyance, sa promesse et son honneur sont centrés sur la richesse et rien d’autre.

L'homme blanc a continué à accomplir ses actes honteux au fil des ans jusqu'à son retour dans son pays. Les Britanniques ont été forcés de quitter ce pays. Mais ils voulaient laisser derrière eux, quelque chose qui soit fidèle à leur nature. Ils ont laissé derrière eux la discorde, des différences et une sédition parmi les peuples d’Arakan afin d’atteindre leur objectif. L'administration coloniale britannique a remis au nouveau gouvernement bouddhiste un document portant les noms des habitants de la région. Le nom du peuple Rohingya a été laissé de côté parce qu'il était musulman.

Il y a un dicton qui dit que quand vous voyez deux poissons se battre dans un étang, soyez certain qu'un homme blanc était déjà dans le coin. Après le départ des Britanniques en 1948, un gouvernement bouddhiste fut établi. Il a commencé à violer les droits des musulmans avec la collaboration et le soutien du gouvernement britannique, en invoquant de fausses excuses.

Les tensions se poursuivirent jusqu’en 1982, quand l’Etat bouddhiste a promulgué la loi de la citoyenneté,  ce qui  prive les musulmans de leurs droits de citoyenneté parce que la loi définit les Musulmans comme des «étrangers». En fait, cette loi est à l'origine de tous les problèmes auxquels sont confrontés aujourd'hui, les Rohingyas. La loi prive les musulmans du droit de posséder des propriétés, de faire du commerce, d'occuper des postes au gouvernement ou de voter aux élections législatives.

Au cours des dernières années et après l’escalade de tensions, de pressions et de meurtres, presqu’un million de musulmans Rohingyas ont émigré dans la région de Cox’s Bazar au Bangladesh, où ils vivent dans des conditions difficiles.

L'année dernière, la Conférence de l'UPCI a adopté une résolution sur la visite aux Rohingyas au Bangladesh. Une délégation de l'UPCI composée de députés des Parlements de Turquie, d'Iran, d'Algérie, du Maroc, du Pakistan et du Soudan, dirigée par le Secrétaire Général, s'est rendue au Bangladesh en septembre 2018.

La délégation de l'UPCI a rencontré la présidente du Parlement du Bangladesh et le Ministre des Affaires étrangères qui ont informé ladite délégation de la situation des réfugiés Rohingyas et de l’Accord échangé avec d'autres États à cet égard.

Le lendemain, la délégation s’est rendue dans les camps de réfugiés de Cox’s Bazar, accompagnée des députés du Bangladesh, et a constaté la situation sur le terrain.

L’image que nous avons vue, crie sur le monde entier:

«Où sont les organisations qui prétendent être des défenseurs de la justice, des droits et de la paix? »